Sortir des jeux psychologiques

On se sent parfois bloqué, mal à l’aise, furieux, coupable… avec en plus cette impression d’un déroulement presque prévisible de la situation dans laquelle nous nous trouvons ... Un peu comme si l’on se disait "Oh, là, là, je sens venir le problème, on va droit dans le mur…"


Quelle est votre relation aux autres ?

On est bien conscient de ce qui est en train de se tramer, mais on est bien incapable de faire quoique ce soit pour redresser la barre.

Nos relations avec les autres peuvent parfois se transformer en ce qu'on appelle un "Triangle dramatique" (au sens de théâtral, et non de catastrophique !) .

C'est un mode de fonctionnement relationnel qui affecte chaque personne impliquée, ainsi que l’entourage.

La plupart d’entre nous tombons encore régulièrement dans le panneau, par manque de vigilance, tant dans notre vie professionnelle que personnelle.

Que voulez-vous ?

A chaque fois, on en sort épuisé et meurtri, avec une impression de confusion, d'incompréhension, de malaise. Ils ne sont pas drôles, mais nous y jouons quand même, pour obtenir de la reconnaissance, justifier notre position de vie, renforcer nos croyances, excuser l'inefficacité ...

Quel rôle préférez-vous ?

En fonction des circonstances et de notre état d’esprit du moment, nous choisirons consciemment ou inconsciemment un des trois rôles : "victime", "sauveteur", "persécuteur"

Certaines personnes privilégient toutefois un rôle donné car il leur apporte l’illusion de certains avantages. Par exemple,  le rôle de victime permet d’attirer l’attention des autres, le rôle de persécuteur nous donne du pouvoir, et le rôle du sauveteur nous donne une image positive de nous-même.

Lorsque nous sommes mis en présence d’un de ces trois rôles, nous avons tendance à adopter inconsciemment un des deux autres rôles.

Face à une victime, nous endosserons instinctivement le rôle du sauveteur ou du persécuteur. Nous pouvons aussi passer d’un rôle à l’autre sans nous en rendre compte. Par exemple, après avoir voulu secourir dans un premier temps un collègue qui se plaint, nous nous impatientons face à son auto-apitoiement et devenons nous-même persécuteur.

Nous passons les trois quart de notre temps dans l’un des trois états !


Le triangle dramatique

La vie, qu'elle soit familiale, professionnelle ou politique, est pleine de tensions dramatiques, petites ou grandes, qui toutes se situent sur cet axe dynamique qui mène le monde : un persécuteur, une victime, et l'intervention d'un sauveteur.

Ce triangle dramatique (triangle de Karpman) est plus ou moins présent dans toutes nos relations : amicales, amoureuses, au travail…

Savoir en sortir, c’est pouvoir être libre et s’épanouir !


Le rôle de Persécuteur

Il rabaisse, critique, fait des reproches, humilie, dévalorise, blâme, met à nu les défauts, fait la morale, l'objectif étant de se dédouaner de toute responsabilité : ce qui arrive n'est pas de sa faute, ce sont les autres qui sont responsables, ce qui lui permet d'exprimer sa colère en toute impunité.

Il s'imagine ainsi qu'il va pouvoir dominer l'autre, mais rien n'est moins sûr. Le Persécuteur est quelqu'un qui cherche souvent à se venger d'une frustration.

"Maintenant je tiens ma revanche / Vous n'en seriez pas là si vous m'aviez écouté / Je ne veux pas vous blesser, mais je serai franc avec vous / Le mien (métier, opinion, conjoint, véhicule,…) est mieux que le tien"

Sortir du rôle de persécuteur : Si je suis de nature colérique, autoritaire ou directive, je serai vigilant à ne pas agresser verbalement mon entourage même si je juge qu’il fait mal son boulot.

Que voulez-vous ?

Le rôle de Victime

Elle se sent inférieure, pense que la vie est injuste, que ce qui lui arrive n'est pas de sa faute, et qu'elle est bien malheureuse. L'objectif est de ne pas se sentir responsable, de ne pas s'assumer.

  • Elle amorce les points faibles d'un Sauveteur en exagérant ses handicaps personnels et en se représentant plus faible qu'elle ne l'est. Elle vit un désir comme un besoin impérieux et nécessaire. Ce rôle est souvent associé à la peur de manquer.     
  • Elle amorce les points faibles d'un Persécuteur, en étant agressive, en revendiquant et réclamant. Ce rôle est souvent associé à la peur de perdre quelqu'un ou quelque chose ou d'être abandonné ou séparé.

"Je suis débordé de travail / Je suis incapable de m'en sortir / C'est affreux ce qui m'arrive ! / Je suis seul au monde"

Sortir du rôle de victime : Si je me sais enclin à chercher la sympathie ou le soutien des autres, je serai particulièrement attentif à ne pas me poser en victime pour faire en sorte que les autres règlent mes problèmes.

Le rôle de Sauveteur

Il prend en charge les besoins des autres sans qu'ils n'aient rien demandé ou même contre leur gré, il sait mieux qu'eux ce qui est bon pour eux !

Bien souvent le Sauveteur n'est même pas compétent pour les aider vraiment.

Et s'il l'est, il assure tout le travail à leur place, les rendant dépendants et passifs. Ce rôle est joué par des personnes qui ont un besoin excessif de reconnaissance.

"Je me charge de tout / Racontez moi vos malheurs, je vous comprends / A votre place,… / Appuyez-vous sur moi, je suis solide comme un roc"

Sortir du rôle de sauveteur : Si je suis du genre à vouloir aider les autres, je vérifierai si les quatre conditions suivantes sont remplies :

  1. M’a-t-on explicitement demandé mon aide ?
  2. Ai-je l’envie, les compétences et les moyens pour intervenir ?
  3. Le demandeur est-il prêt à se prendre en charge lui-même ou va-t-il me refiler son fardeau ?
  4. Quels sont les critères qui me permettront de juger quand ma mission d’aide est accomplie ?

Éviter les jeux psychologiques

Ce n'est pas facile de les éviter, et on est toujours plus doué pour les détecter chez les autres que chez soi-même. ceci dit, il faut :

  • Soyez convaincus qu'ils sont destructeurs, qu'ils consomment votre temps et votre énergie
  • Identifiez ces jeux dans la vie courante, dans vos relations aux autres et avec vous-mêmes
  • Repérez votre fonctionnement afin de ne plus être piégé par votre état dominant
  • Repérez dans l'entourage les personnes habituellement Persécuteur, Sauveteur ou Victime, pour éviter leurs provocations
  • Répondre avec humour à une provocation. Il est plus facile de ne pas entrer dans un jeu que d'en sortir.
  • Les jeux offrent une certaine facilité. Ils nous évitent de mettre notre Adulte au commande.

Une fois que vous saurez reconnaître et sortir du triangle "victime-bourreau-sauveur", vous verrez vos relations familiales, amicales, amoureuses et professionnelles changer et vous vous épanouirez !

  • Sur quelle pointe du triangle êtes-vous actuellement ?
  • Comment pouvez-vous sortir de ce triangle ?

Petite métaphore : Cailloux blanc et noir

Dans un village un fermier sans le sou devait rembourser une importante somme d’argent à un vieil homme très laid. Comme le fermier avait une fort jolie fille qui plaisait beaucoup au vieux prêteur. Ce dernier proposa un marché. Il lui dit qu’il effacerait la dette du fermier s’il pouvait marier sa fille. Le fermier et sa fille furent horrifiés par cette proposition.

La discussion se faisait sur une route parsemée de cailloux, ce qui donna une idée au vieil homme.

Un coach ou pas ?

Malin, il suggéra que le hasard détermine l’issue de la proposition. Il leur dit qu’il mettrait dans un sac un caillou blanc et un caillou noir.

- Si la jeune fille puise le caillou noir ; elle devient l’épouse et la dette s’efface

- Si la jeune fille puise le caillou blanc ; elle n’a pas à l’épouser et la dette du père est également annulée

- Si elle refuse de choisir un caillou ; son père est jeté en prison.

Tout en continuant à parler, le vieil homme laid se pencha pour ramasser les 2 cailloux.

La jeune fille qui avait l’œil vif, remarqua qu’il avait ramassé 2 cailloux noirs et qu’il les avait mis dans le sac, mais elle ne dit rien.   

Elle réfléchit aux différentes possibilités qu’elle avait sans mettre en péril son père et sans devoir entrer en conflit ni devoir accuser le vieil homme de malhonnêteté. Elle eut une idée quelques secondes avant qu’on lui demande de prendre un caillou.

Elle puisa dans le sac et en sortit un caillou qu’elle laissa échapper aussitôt par terre.

« Qu’est-ce que je peux être maladroite !! » s’exclama-t-elle.
Le caillou tombé se retrouva dans la multitude des autres et il était impossible de le retrouver.

« Mais ce n’est pas grave, reprit-elle, si je sors le caillou qui reste, on verra bien lequel j’avais attrapé en premier ! ».
Elle sortit du sac un caillou noir, de ce fait le premier ne pouvait être que blanc.

Le préteur n’osa pas avouer sa malhonnêteté.
La jeune fille repartie avec son père libéré du prêt et elle d’un mari non désiré.


Ce que vous pourrez retenir

  • Lorsque la situation semble sans issue, il suffit parfois de regarder les choses sous un angle différent pour qu'une solution inattendue apparaisse, soyez attentifs aux signes
  • Lorsque vous n'avez que 2 choix, vous êtes face à un dilemme, c'est à partir de 3 solutions possibles que le champ des possibles s'ouvrent
  • Les jeux psychologiques font partis de vos relations, vous pouvez en prendre conscience et choisir de ne plus "jouer"